Pendant que la France vit depuis plus d’un an un psychodrame social avec manifestations itératives, violences urbaines, et au cours de ce mois des grèves paralysant les transports, ralentissant l’activité économique, ruinant plus ou moins des commerces de proximité, que devient la bourse de Paris ?
Dans ce climat pré-insurrectionnel où l’on n’hésite pas à molester des membres du gouvernement, à détruire des permanences de députés pro-gouvernementaux, à les menacer eux et leur famille, que devient la bourse de Paris ?
Tenez-vous bien, elle monte ! Elle monte ! les valeurs boursières n’ont jamais été aussi hautes depuis juillet 2007 (à noter, un an avant la douloureuse crise financière). Le CAC 40 a dépassé les 6000 points. Chapeau.
Mais soyons modeste toutes les places européennes sont euphoriques : « Paris a pris 1,23%, Francfort 0,94%, Londres 2,25%, Milan 0,84%, Madrid 1,22%, Lisbonne 0,34%, la Bourse suisse 1,08%, Amsterdam 1,30% et Bruxelles 1,06% ».
Et tout ça pour quoi ? Pour un truc qui, apparemment, ne nous regarde pas : un projet d’accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis, là-bas du côté du Pacifique.
Tout se passe hors de l’hexagone. Admettons-le, nous sommes peu de chose. De quoi manifester notre dépit. Nous en avons pris l’habitude.
Illustration : André Martins de Barros