Il ne faut pas vivre dans le déni : les insoumis que nous avons en France ne sont pas à la hauteur de notre rayonnement international. Rendons-nous à la cruelle évidence, nous faisons pâle figure à côté des insoumis du Venezuela ou du Nicaragua dont l’insoumission laisse jusqu’à quelques centaines de morts sur le carreau. A notre décharge, eux savent à quoi ils ne soumettent pas : une dictature. Nos insoumis cherchent toujours à quoi ils pourraient bien l’être. Ils sont plein de bonne volonté, et ils viennent de trouver un petit quelque chose : un mec proche du Président de la République qui s’est pris indûment pour un flic. Cependant nos insoumis sont obligés pour montrer leur insoumission de joindre leur voix tonitruante à celle de leurs pires ennemis devenus ainsi leurs alliés objectifs comme le dit le jargon soviéto-mimétique.
Non seulement nos insoumis n’ont pas un standing de niveau international et même national, mais le motif de leur insoumission a la minceur d’un cheveu de manifestant et aucun impact révolutionnaire, ce qui explique leur agitation compatible avec un syndrome de sevrage et un état de manque.
Je n’ose pas proposer à nos mélenchonistes un stage de formation à l’insoumission au Venezuela ou au Nicaragua car il se trouve que les populations de ces pays expriment leur insoumission au risque de leur vie à des dirigeants qui sont du même bord que nos insoumis nationaux, et pour lesquels ils n’avaient pas hésité à exprimer leur admiration.
A titre personnel, je souhaite pour le bien de tous que nos insoumis de pacotille restent aussi inoffensifs qu’ils le sont, et on ne leur reprochera pas leur usurpation d’identité, à condition, toutefois, qu’ils continuent à faire semblant d’être des révolutionnaires sans se prendre au jeu. Car s’ils arrivaient au pouvoir, ils risqueraient, s'ils s'inspirent de leurs modèles "bolivariens", de déclencher une insoumission authentique contre eux.
Illustration : un arlequin de Picasso