Je ne pensais pas qu’un jour je traiterais le « Petit Robert » d’idiot utile. Un instrument que je consulte pratiquement chaque jour. Je me sens trahi. L’introduction du pronom soi-disant neutre « iel » (souligné immédiatement par mon correcteur d’orthographe) dans le dictionnaire en ligne contribue au saccage de la langue française alors que ce genre d’ouvrage doit prendre acte de l’usage courant des termes. L’idiot utile reconnaît que l’usage de «iel» est plutôt rare mais aurait tendance à augmenter parmi la petite minorité qui transforme la langue française – déjà difficile à maîtriser - en onomatopées imprononçables et illisibles par leur laideur, en un magma linguistique qui réussit surtout à inclure la bêtise plutôt que les femmes qui pourraient se sentir dominées par bien d’autres choses que la langue française. Mais ce « iel », dont le maniement n’est guère précisé pour ce qui concerne les accords, aurait pour but, car toute manipulation a un but, de satisfaire les personnes qui aimeraient choisir de n’appartenir à aucun genre. Car il semble que le progressisme, qui ne sait plus dans quel sens progresser, a enfourché le genre pour nous faire miroiter les lendemains qui chantent. On choisit son genre ou sa disparition comme on choisit une paire de chaussures. Certes, il est difficile de se débarrasser de ses organes, de ses hormones et de ses chromosomes, peu importe, un coup de langue et l’affaire est dans le sac. Amen ou women.