Tôt le matin, lundi dernier, l’avion d’Ethiopian Air lines détourné par son copilote, a d’abord été escorté par des chasseurs italiens puis par deux mirages de l’armée française. Les avions militaires suisses, eux, sont restés au sol.
Certes les Suisses – à tort ou à raison - ont la réputation d’être un peu lents, mais leur passivité n’a rien à voir avec une méconnaissance de l’évènement ou à une lenteur de réaction : il se trouve que l’évènement s’est déroulé en dehors des heures de bureau : "En 2014, l'armée de l'air suisse n'intervient que durant les heures de bureau", a expliqué à 20minutes Laurent Savary, porte-parole des forces aériennes suisses. A La Tribune de Genève, il a même expliqué que "les forces aériennes suisses sont disponibles entre 8h et 12h et de 13h30 à 17h". Et ceci, tout simplement, en raison des restrictions budgétaires. C’est bien connu, l’argent manque en Suisse, et ils comptent sur leurs voisins pour assurer la dépense de leur défense, comme ils comptent sur leur argent pour remplir leurs banques. Il faut en outre admettre que cet unique migrant ne pouvait guère être considéré comme une immigration de masse malgré le poids du Boeing utilisé pour migrer.
Néanmoins, il serait bon de méditer sur cet exemple suisse. Imaginez que les guerres ou les massacres ne puissent se dérouler qu’aux heures ouvrables, autrement dit aux « heures tuables », cela limiterait le nombre de morts et permettrait aux civils de respirer un peu. Je verrais bien les bandes armées, ranger leurs armes comme le feraient de bons ouvriers pour leur matériel ou des fonctionnaires pour leur bureau, à la fin de leur journée. Peut être que les adversaires pourraient même aller prendre un pot ensemble au bistrot du coin à condition qu’ils s’accordent pour ne pas le détruire aux heures ouvrables. Peut-être feront-ils même la paix.
N’a-t-on pas vu lors de la boucherie de la guerre 14-18 les armes se taire lors d’une trêve de Noël et les soldats Français et Allemands se souhaiter quasiment un « bon » Noël d'une tranchée à l'autre avant de reprendre la tuerie le lendemain ?
« Le vent se lève » de Hayao Miyazaki
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