
Il y a des parents qui aiment leurs enfants
Et des enfants qui aiment leurs parents
Et ceux qui disent qu’il faut s’en méfier
Que tout ça c’est bien bon
Mais qu’il y a sûrement un secret caché
Il y a des enfants qui reprochent aux parents
D’être ce qu’ils sont
Il y a des parents qui reprochent aux enfants
D’être ce qu’ils sont
Ça marche de toutes les façons
Il y a aussi des orphelins
Avec des problèmes en plus
Et des problèmes en moins
Il y a des adultes qui restent enfants
A condition d’avoir encore des parents
Ou une femme pour veiller sur eux
Il y a des enfants qui ne seront jamais grands
Ils n’ont pas eu le temps de grandir
Et les parents qui perdent l’enfant qu’ils aiment
Ne seront jamais plus les mêmes
Et ne cesseront jamais de souffrir
Il y a des parents qui sont petits
Et qui se vengent sur leurs petits d’être petits
Pour prouver qu’ils sont grands
Il y a des enfants qui ne seront jamais enfants
Car il y a des adultes qui pour s’enrichir ou jouir
Mettent un adulte dans la peau d’un enfant
Un enfant c’est si petit pourtant
Un adulte c’est grand ça ne devrait pas tenir
Alors quand il est de force dedans
Ils s’en servent salement
Et puis il y a les enfants qui tuent des parents
Pour se protéger ou se droguer
Ou faire les malins ou parce qu’ils sont fous
Et des parents qui tuent leurs enfants
Pour s’en débarrasser dans un trou
Ou dans un étang
Ou les congeler
On ne sait jamais
Ça peut servir
Paul Obraska
Egon Schiele : « La famille »