Comme les dépenses de santé ne cessent d’augmenter, les autorités envisagent de dépenser plus pour faire des économies. En 2009 l’Assurance Maladie va proposer aux médecins généralistes un « contrat d’amélioration des pratiques individuelles » (CAPI) avec à la clé une prime qui pourrait atteindre 6000 € par an destinée à récompenser les « médecins vertueux ».
Mais comment déterminer la vertu d’un médecin ? Il faut faire confiance à l’Assurance Maladie pour mettre sur pied un programme labyrinthique et inextricable aux multiples paramètres : actions de dépistage, de prévention, de prise en charge efficiente ( ?) des maladies chroniques, au milieu desquelles se trouve le paramètre essentiel : le nombre de boîtes de médicaments prescrits. La vertu n’est pas de faire de la bonne médecine dans la prise en charge des malades, mais dans l’économie faite à leurs dépens.
L’appât du gain va-t-il contribuer à abaisser le niveau de la médecine française ? Dans ce cas sera-t-on amené dans l’avenir à faire comme les Anglais ? Ceux-ci pour relever le niveau de la médecine britannique envisage pour les chirurgiens un bonus/malus. Malus pour un patient qui décède sur la table d’opération (ce qui peut conduire à sélectionner les futurs opérés). Un chirurgien habile ou vigilant pourrait ainsi se faire plusieurs dizaines de milliers d’euros de bonus.
Faudra-t-il désinfecter l’argent ?