Selon une enquête BVA 63% des personnes sondées (rassurez-vous, seulement par un interrogatoire) sont favorables à un changement de premier ministre, mais 64% pensent que la situation n’en serait pas pour autant améliorée. On peut donc se demander les raisons qui amènent à formuler cette opinion. Je ne peux que risquer quelques hypothèses :
- En ont-elles assez de voir la tête d’Ayrault comme on en a assez de voir toujours le même comédien sur les planches ?
- Veulent-elles avoir un autre personnage à critiquer, ce qui permettrait de changer le répertoire de leurs quolibets ?
- Veulent-elles voir dans les magazines pipoles une autre famille, une autre demeure et un autre passé ?
Un autre volet de ce sondage révèle que 52% des sondés (avec, bien sûr, une nette majorité votant à droite) sont favorables à une dissolution de l’Assemblée nationale et à l'organisation de législatives anticipées. Mais là encore la même proportion (52%) estime que la situation n’en serait pas améliorée.
En effet, si les nouvelles élections ramènent à l’Assemblée la même majorité, on se retrouve dans la même situation, et si l’exécutif s’en trouverait renforcée ce serait sans doute pour faire la même chose.
Si l’on tient compte de l’impopularité de l’exécutif, il est probable que la composition de la nouvelle l’Assemblée serait différente, ce qui conduirait à une cohabitation. Dans ce cas, les plus nombreux pensent que la situation n’en changerait pas pour autant, ils ne font donc pas plus confiance à la droite qu’à la gauche. Alors pourquoi sont-ils partisans de la dissolution ? Pour se distraire ? Pour donner un peu de mouvement à la politique ? Pour donner du grain à moudre aux commentateurs dont les commentaires uniformes finissent par lasser ?
Les plus nombreux veulent que l’on change de premier ministre ou aimeraient que l’Assemblée nationale soit dissoute, mais ils sont aussi nombreux pour rien en espérer. Ces opinions déboussolées montrent à quel point les Français (sondés) ne se font guère d’illusions dans leur majorité sur l’efficacité de la classe politique. Ce qui n’a rien de surprenant, mais aussi rien de nouveau. On peut donc se poser la question de l’intérêt de ce sondage.
Illustration : dessin de ZAC