L’apprentissage de la lecture fabrique l’homme anxieux de la modernité […] La hausse du taux
de suicide a suivi pas à pas le développement de l’alphabétisation. (Emmanuel Todd « Après la
démocratie »)
Heureusement que l’illettrisme atteint 9% de la population de 18 à 65 ans résidant en France et ayant été scolarisée en France (11% d’hommes et 8% de femmes). Contrairement à ce que l’on peut penser la proportion d’illettrés augmente avec l’âge : plus de la moitié ont plus de 45 ans et on trouve 14% d’illettrés chez ceux qui ont entre 56 et 65 ans et 4,5% de ceux qui ont de 18 à 25 ans. Ainsi, si l’on suit Todd, l’Education Nationale contribue à favoriser le suicide des jeunes.
Le taux d’illettrisme est plus élevé dans les zones les moins peuplées (zones rurales et petites villes), en dehors des ZUS (zones urbaines sensibles) où il est 2 fois plus élevé (18% au lieu de 9%) et pourtant trois quarts des illettrés utilisaient exclusivement le Français chez eux à l’âge de 5ans.
La proportion des illettrés au chômage est de 11%, guère plus que pour ceux qui ne le sont pas, mais on trouve 3 fois plus illettrés parmi les allocataires du RMI.
Question subsidiaire : pourquoi les livres pour enfants, même sans illustrations, sont-ils plus chers que les livres pour adultes ?
Sources : enquête de l’INSEE 2004-2005 et Agence nationale de lutte contre l’illettrisme.