Phrase attribuée au roi de France Henri III devant le cadavre du duc de Guise qu’il venait de faire assassiner et qui mesurait près de deux mètres. On pourrait dire quelque chose d’approchant s’agissant du défunt Adama Traoré qui rapporte bien davantage à sa famille en étant mort que quand il était vivant par ses activités de petit délinquant. On a rarement vu une exploitation aussi complète d’un mort que celle effectuée par sa demi-sœur Assa Traoré qui a acquis une notoriété ayant traversé l’Atlantique et mobilisé des foules sous le couvert d’un collectif contre les violences policières, associé au site « desarmons.net » dont l’objectif est tout simplement l’abolition des forces de l’ordre (il est vrai qu’elles sont parfois gênantes pour certaines activités familiales), alors qu’il n’a été aucunement prouvé que son demi-frère fût la victime des gendarmes qui l’avait arrêté après une course-poursuite. Il faut néanmoins saluer l’esprit d’entreprise de cette jeune femme qui a su sauter sur cette opportunité macabre pour assurer son train de vie. On commence d’ailleurs à se marcher sur les pieds au « comité Adama » en trouvant que la soeurette abuse du filon : « La marque « Adama » a été déposée à l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) le 30 septembre 2016, comme propriété collective de dix membres de la famille Traoré, déclinable en photographies, cartes, objet d'art, serviette de toilettes en papier, etc. En mars 2021, Assa Traoré a créé une société, Doumbé Productions, enregistrée au tribunal de commerce de Pontoise (Val-d'Oise), dans le but probable de réaliser un biopic sur son frère, voire sur elle. » (Le Point). L’argent a peut-être ici une odeur : celle d’un cadavre. Illustration : Félix Vallotton "Le cadavre"