J’ai toujours été surpris par le manège des guêpes. Elles survolent en tournant les aliments étalés sur le table, elles hésitent, partent, reviennent. La plupart ne se posent même pas pour goûter la nourriture. Tournent, hésitent, repartent, reviennent puis disparaissent. Une guêpe, c’est l’image même de la procrastination.
Hier, assis sur un banc, j’observe un groupe de pigeons autour d’un morceau de pain. Chacun tente d’en picorer une miette. Chaque tentative fait bondir le morceau de pain d’une quinzaine de centimètres. Le repas des pigeons finit par ressembler à une course-poursuite. Arrive un corbeau et les pigeons s’écartent en laissant la place et le repas au volatile noir. Le corbeau picore à son tour cet aliment élastique et le fait bondir. Maître corbeau daigne se déplacer mais met de suite une patte sur la pièce alimentaire et la picore à son aise puis s’envole. Les pigeons après avoir assisté à la scène se rapprochent à nouveau du repas bondissant, n’imitent aucunement l’astuce du corbeau et continuent bêtement leur course-poursuite. Ils n’avaient rien appris.
Une professeure d’anesthésie-réanimation chargée des soins critiques à l’hôpital G. Pompidou est morte récemment au Maroc après avoir été attaquée par une meute de chiens errants non loin de son hôtel où elle venait de s’installer. Les vivants se mangent entre eux pour ne pas mourir.