Passé un certain âge, le temps est précieux et l’avarice en la matière est plutôt conseillée. Et voilà que me sont dérobés au moins deux mois de ma vie. Cette année j’ai à peine vu l’automne en raison du mauvais temps et je ne verrai pas le printemps éclairé par un superbe soleil et un ciel bleu immaculé dont j’aperçois des échantillons de ma fenêtre. Ma fenêtre, hublot de ma claustration qui me permet de voir ma rue déserte comme échantillon du monde. Un monde qui a la perversion de nous livrer le mois d’avril le plus beau qu’il m’ait été donné de ne pas vivre.
Par le hublot de la télévision je vois le défilé permanent de mes confrères, les séries médicales ont toujours eu beaucoup de succès à la télévision.
Hier soir, j’ai eu droit au président de la République. Toujours trop long mais un peu moins fanfaron. Tous aimeraient que je reste confiné le plus longtemps possible. Il me semblait que l’euthanasie était interdite en France.
Illustration : Arthur Segal : « Vue de la fenêtre »