Je suis toujours fasciné par les flots de publicités sur les eaux minérales qui sentent bon la nature, la verdure, les montagnes. Eaux de jouvence dont la pureté angélique amène à nos organismes fatigués de quoi les régénérer et les remettre à neuf. Eclat de l’œil et sourire épanoui de celui ou de celle qui vient d’ingérer une de ces eaux miraculeuses.
J’ai toujours été étonné par la répulsion que pouvaient avoir des personnes pour l’eau du robinet sous nos climats (ailleurs c’est une autre paire de manches), sauf, bien sûr, dans les endroits où elle peut avoir un « goût » alors que l’eau se doit d’être insipide. La répulsion vient pour beaucoup de la crainte d’absorber des germes (alors que nous en sommes bourrés de la bouche à l’anus et que notre peau en est envahie). Ces personnes s’astreignent à ne boire que de l’eau minérale, à moins d’avoir horreur de l’eau en général et d’opter pour des boissons alcoolisées avec lesquelles le risque d’infection est quasi nul et celui de cirrhose certain.
En fait les eaux en bouteille ne sont pas plus sûres que l’eau du robinet et plutôt critiquables sur le plan écologique si l’on tient compte du conditionnement et du transport sur de longues distances. Quant à leur pureté, elle laisse à désirer. Voilà plus de vingt ans que l’on sait que ces eaux sont loin d’être stériles, elles peuvent contenir en particulier des Staphylocoques épidermidis, indice d’une contamination d’origine humaine. Récemment une épidémie d’infections à pyocyanique pathogène s'était répandue dans six unités de soins intensifs à Berlin et ce germe, après étude approfondie, n’était semblable qu’à un germe provenant d’une bouteille d’eau minérale qui n’avait jamais été ouverte ! Deux semaines après l’interdiction d’introduire dans ces unités des bouteilles d’eau minérale, l’épidémie avait disparu (Tim Eckmann et coll. Institut Robert en Allemagne, Clin Microbiol Infect 2008).
Je vous souhaite une bonne journée et n’oubliez pas d’emporter votre bouteille avec vous.