En intitulant mon précédent article « femmes volées », je me suis rendu compte que la langue française révèle parfois des surprises. Un simple petit i, la lettre la plus mince, la plus discrète de l’alphabet, en s’infiltrant dans le mot « volées » soit avant le O, soit après, transforme les « femmes volées » en « femmes violées ou voilées ». Ce i rapproche malicieusement le voile et le viol. En islam, l’épouse étant entièrement soumise à son époux et à ses désirs, ce i pointe-t-il comme un doigt le viol conjugal ? Car « La femme ne doit pas s’opposer au droit de son mari de jouir d’elle, car elle est menacée de malédiction et de colère » ou « l’épouse doit satisfaire le désir sexuel de son mari toutes les fois qu’il le manifeste car c’est son droit. Le Saint Prophète (Saw) a dit : Quand le mari invite sa femme à partager sa couche et qu’elle refuse et qu’il a passé la nuit mécontent d’elle, les anges ne cessent de la maudire jusqu’au matin. ». De telles menaces peuvent dissuader la femme de se dérober au devoir conjugal car ne pas s’y plier, c’est prendre le risque de mécontenter non seulement son époux, mais aussi le ciel. Il vaut mieux accorder son consentement les yeux fermés en retirant ses voiles pour être violée que de violer un impératif religieux. Le coït obligatoire pour la femme fait ainsi partie du dogme de l’islam, et outre la satisfaction de l’époux, son intérêt géopolitique, comme l’a dit élégamment un penseur musulman, est de fabriquer des musulmans. Mais « croître et se multiplier » est une incitation œcuménique qui n’est pas spécifique à l’islam. Ajoutons que les musulmanes peuvent rendre grâce à leur Prophète de moins souffrir de migraine le soir.