Je n’ai jamais assisté à un meeting politique. Il est vrai que je n’aime ni la foule, ni les politiciens en représentation.
En cette période électorale, les médias nous permettent d’assister, jusqu'à l’overdose, en direct ou en différé à ces réunions des partisans d’un candidat venus là, plus pour le soutenir et l’acclamer, que pour l’écouter, car ils sont conquis d’avance. Ils savent plus ou moins ce que le candidat va dire, et ils attendent qu’il le dise avec force, panache et ironie. Quant aux éventuels opposants, ils prennent rarement le risque de s’opposer.
A chaque fois j’ai l’impression d’assister à un spectacle pour enfants : cirque ou théâtre de marionnettes. Les réactions de ce public infantilisé me surprennent toujours par leur débilité. Les hou ! hou ! et les sifflets unanimes qui sortent de centaines de poitrines à chaque fois que l’orateur évoque un adversaire ou ses dires me font douter davantage de l’intelligence humaine. Cette désapprobation mécanique, et souvent organisée, est infiniment plus bête que les réactions spontanées et sincères des enfants devant un théâtre de marionnettes.
Les meetings politiques permettent de vérifier ce théorème : les capacités du cerveau humain sont inversement proportionnelles au nombre de cerveaux réunis en un même lieu.