Comme chacun le sait, Le Point a fait paraître un entretien avec le président Macron. Je l’ai survolé car il m’a paru trop long pour que je le lise intégralement, notre président fait dans la longueur et la vie est trop courte.
Il ne manque sûrement pas de talents, en tout cas ils nous ont été largement vendus pendant sa campagne, et sa victoire inattendue prouve qu’il en a.
Néanmoins, je me suis arrêté sur cette phrase (mise en exergue par le journal) : « Nous avons tourné la page de trois décennies d’inefficacité ».
Non pas en raison du coup de patte donné à ses prédécesseurs qui, il est vrai, n’ont guère osé modifier les choses en profondeur dans le souci de se faire réélire par un peuple très attaché au statu con et privilégiant la révolution plutôt que les réformes, mais en raison du parfum de prétention dégagé par cette déclaration.
Je sais bien que les hommes politiques ont le souci permanent de leur autopromotion, mais parler de « révolution copernicienne » pour le code du travail* est un qualificatif à la limite du ridicule, à moins que la tête présidentielle lui tourne à l’égal des planètes autour du soleil.
Dire que ce qu’il va entreprendre sera efficace par opposition à ce qui a été fait dans le passé est évidemment téméraire, sinon prétentieux, car on ne peut juger de l’efficacité des mesures qu’après leur mise en œuvre et le plus souvent après un temps de latence.
Je sais bien que Jupiter n’est pas modeste, encore faut-il être Jupiter et pas seulement prétendre l’être en maniant une foudre qui s’avère – pour l’instant - plutôt molle et erratique.
* Voir l'article suivant