Ce petit billet est un rectificatif à l’article précédent. Je disais dans ce dernier que je m’étais contenté de survoler l’entretien avec Macron publié dans Le Point, mais s’il est permis de survoler un texte quand il est trop long, il est aussi souhaitable de ne pas faire d’erreur de pilotage si l’on se permet, comme je l’ai fait, de porter un jugement sur son contenu.
Un reliquat de rigueur scientifique m’a poussé à atterrir. Dans le billet précédent, en me basant sur l’intertitre : / Réforme du travail « Une révolution copernicienne » /, j’avais attribué par un court-circuit synaptique simplificateur le qualificatif de « révolution copernicienne » à la loi travail contenue dans les récentes ordonnances. Or le court-circuit neuronal favorisé par la formulation de l’intertitre a été à l’origine d’une erreur : d’après le texte dans lequel j’ai finalement atterri, le terme de révolution ne concerne pas la réforme du code du travail – ce qui avait justifié mon ironie mal placée – mais ce que seront, d’après Macron et d’une façon générale, la conception et l’organisation du travail dans l’avenir.
Les médias ont la perversité de rédiger volontairement des intertitres simplificateurs et biaisés qui deviennent des sources de polémiques artificielles.
Pour me consoler je pense que je ne suis pas le seul à être victime de courts-circuits synaptiques. Dans cet entretien avec Macron, un autre intertitre : / Terrorisme « Pour en finir avec la politique victimaire » / a scandalisé les associations de victimes des attentats qui, se sentant visées, sont immédiatement montées au créneau pour protester, sans avoir lu apparemment le texte qui suit. Or que dit Macron dans le texte ? « Il faut définir ces nouveaux horizons, ces nouvelles terres de conquête, ces nouvelles formes d’engagement, pour sortir de l’esprit de défaite qui nous habite encore trop aujourd’hui, pour en finir avec la politique victimaire. Nous sommes un pays de conquête ». Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur ce paragraphe, il n’y a là aucune allusion aux victimes des attentats, il s’agit d’un esprit victimaire qui, d’après Macron, toucherait l’ensemble de la nation.
Beau travail journalistique dont l'un des objectifs est de créer la polémique là où elle n’a aucune raison d’être mais qui, pour éclore, nécessite la complicité de l’esprit superficiel des lecteurs (dont je suis).