La quasi-totalité des Français, des gamins des cités aux vieillards des maisons de retraite ont manifesté leur joie de voir l’équipe de France de football remporter la Coupe du Monde. Un sentiment de fierté nationale ressentie même par ceux qui se foutent de la nation française, jusqu’à cracher dessus. Tout s’est passé comme si chacun d’eux avait lui-même remporté la coupe. Une victoire par procuration, dans une communion identitaire de façade et probablement fugace.
Bien sûr, des perdants ont rapidement voulu contester cette victoire française, en remarquant perfidement comme Maduro, l’affameur du Venezuela, ou un média américain, qu’il s’agissait en fait d’une victoire africaine en raison de la couleur de la peau de la majorité des joueurs bien que presque tous nés en France. Des sportifs noirs ont de suite répliqué que le nombre considérable de médailles olympiques remportées par des noirs américains devraient être attribuées à l’Afrique et que les victoires en rugby de l’Afrique du Sud devraient être attribuées à l’Europe. Obama a cru bon de remarquer que les joueurs de l’équipe de France ne ressemblaient pas à des Gaulois, mais il apparaît également que lui-même ne ressemble pas aux pères pèlerins anglais du Mayflower ou aux indiens d’Amérique, et qu'avec les invasions diverses, romaine, germaniques ou normande, cela fait longtemps que les Français ne ressemblent plus aux Gaulois.
Appartenir à une nation, c’est d’abord en avoir le désir et ensuite de prendre connaissance de son héritage et même de se l’approprier, ce qui n’implique pas le rejet d’une culture familiale venue d’ailleurs, à condition que celle-ci ne devienne pas prééminente aux dépens des moeurs et des lois du pays d'accueil.
Quoi qu’il en soit, appartenir à une nation justifie-t-il d’être fier des actions réalisées par d’autres nationaux ? N’est-ce pas ridicule d’être fier des exploits de footballeurs portant les couleurs de la France ? Peut-on être fier des artistes nés dans le pays ou de leurs œuvres ? Peut-on être fier des découvertes faites par d'autres? Et même peut-on être fiers des prouesses militaires d’une nation ?
On ne peut être fier que de ce qu’on accomplit soi-même. On peut simplement être heureux de parler une belle langue, de faire partie d’une nation qui offre à ses nationaux de belles choses à lire et à contempler et de grands hommes ou de grandes femmes à admirer.