Il se trouve qu’aux Pays-Bas l’écrivaine choisie pour en assurer la traduction a la peau blanche, et une journaliste néerlandaise, dont je me suis empressé d’oublier le nom et dont j’avoue à ma grande honte ignorer la couleur de peau, trouve scandaleux que l’on ait pu choisir une Blanche pour traduire l’oeuvre d’une Noire, en déclarant : « un choix incompréhensible, à mon avis et à celui de beaucoup d'autres qui ont exprimé leur douleur, leur frustration, leur colère et leur déception via les réseaux sociaux ». Rien de moins. Seule une personne noire serait ainsi capable de conserver toute la puissance du message porté par Amanda Gorman. Devant les attaques, la maison d’édition néerlandaise s’est défendue en soulignant que l’écrivaine blanche choisie pour traduire l’œuvre déjà immortelle de miss Gorman : « est attachée aux questions de l'égalité des sexes et de la résilience, et nous reconnaissons en elle la passion et la lutte pour une société inclusive ». Elle pourrait même mettre un genou à terre pour effectuer la traduction, mais elle a préféré renoncer à la tache surhumaine de traduire l’œuvre d’Amanda Gorman dont l’échantillon diffusé au monde entier m’a paru d’une grande banalité. Une fois pour toutes, Il faut que cessent ces appropriations culturelles : les Blancs ne devraient plus jouer du jazz et les Noirs devraient cesser d'utiliser les instruments de musique inventés par les Blancs pour en jouer. Le monde occidental est devenu un asile d’aliénés.