Hier un lycéen de 18 ans dans un établissement scolaire du Kremlin-Bicêtre (qui apparemment n’avait pas été « sanctuarisé » comme l’avait annoncé le Président de la République en mai 2009) a été poignardé à mort par un autre jeune homme au cours d’une querelle pour un motif personnel. D’après un témoin, le jeune en question était habituellement calme, gentil et drôle, avec un couteau sur lui, ce qui est à mourir de rire.
Le ministre de l’intérieur, le ministre de l’éducation nationale, et le président de la région Île-de-France, toutes affaires cessantes, se sont rendus sur place. Bien sûr, ils ne servent à rien. Ils sont là parce qu’on leur reprocherait de ne pas y être s’ils n’y étaient pas. Et puis il n’est pas mauvais pour leur carrière de se montrer aux médias et d’exprimer tristesse et émotion : un de leurs rares discours qui en général (s’ils ne sont pas trop maladroits) donne peu de prise aux critiques.
Bien sûr ce fait divers devient un motif de revendication : La Fédération indépendante démocratique lycéenne (Fidl) demande dans un communiqué que les équipes pédagogiques soient renforcées dans les établissements scolaires "afin que les lycéens en difficulté soient encadrés et surtout écoutés" et elle ajoute : "Doit-on attendre qu'un autre drame se produise pour que de vraies mesures soient prises ?". Cette fédération a sans nul doute de réels motifs d’insatisfactions, mais croit-elle que les deux protagonistes de ce drame seraient venus exposer leur différend devant un pédagogue ? Encore des paroles verbales.
Et comme il fallait s’y attendre après chaque drame, un vol de psychologues groupés en cellule a fondu sur le lycée comme des oiseaux de proie. Car il serait apparemment
impossible d’être seul pour être triste, pour surmonter un drame, sans être assisté, sans que des gens que vous ne connaissez pas proposent, la fausse larme à l’œil, de vous tenir la main et de
vous soutenir le périnée. Mais comme il est difficile de prévenir de tels drames, il faut bien montrer qu’un dispositif de consolation, quant à lui, a bien été prévu et fonctionne de façon
satisfaisante.
