Elle montre deux personnages, un grand et un petit, ce dernier ayant les mains liées dans le dos, la grand obligeant le petit à lui faire une fellation. Le petit pouvant évoquer un enfant, il est apparu à beaucoup qu’il s’agissait là de la diffusion d’une image pédopornographique et des associations, ainsi qu’une députée, ont exigé son décrochage, ce qui fut refusé par un tribunal administratif au nom de la liberté d’expression. L’artiste veut dénoncer par cette toile, comme sur d’autres, les crimes de guerre. « Ce tableau traite de la façon dont la sexualité est utilisée comme une arme de guerre, comme un crime contre l’humanité. Le contraste entre les deux corps figure la puissance corporelle de l’oppresseur et la fragilité de l’opprimé, agenouillé et amaigri par la guerre » a précisé Miriam Cahn. Et il y aurait cinq panneaux d’avertissement (car je n’ai pas été voir l’exposition) : « Certaines œuvres de cette salle sont susceptibles de heurter la sensibilité des publics. Son accès est déconseillé aux mineurs. ».
Aux dernières nouvelles ce tableau a été maculé de peinture mauve par un visiteur malgré la surveillance dont il fait l’objet. Je n’ai vu que la photographie de l’œuvre, que je reproduis ici, et si je ne me pose pas la question sur la liberté d’expression, par contre, je me pose la question sur l’expression elle-même. Il ne s’agit que de la représentation d’une fellation et le seul apport artistique est la disproportion des personnages. C’est tout de même mince. L’œuvre n’apporte rien de plus que l’acte qu’elle représente. Mais l’artiste dit qu’elle peint la réalité sordide telle qu’elle la reçoit, telle qu’elle est livrée par les médias et les réseaux sociaux. Remarquons que les images délivrées par les médias nous heurtent davantage que la toile de Miriam Cahn.
A comparer avec « Guernica » où Picasso a représenté l’horreur de la guerre après le bombardement de cette ville. Le cheval hennissant exprimant à lui seul une terreur indicible.
Ou à l'extraordinaire dessin de Si Lewen