APPÂTS
Le pont de Galata fait le grand écart sur la Corne d’Or
Au-dessus des arches farcis de restaurants de poissons
Des centaines de pêcheurs debout aux deux bords
Alignés comme des pelotons d’exécution
Cela fait si longtemps, poisson
Que tu te laisses prendre bêtement
A l’appât sur l’hameçon
N’as-tu rien appris depuis tout ce temps ?
Et le poisson est resté muet
En filant dans les eaux de la Corne d’Or
Autour des appâts qui flottaient
En lui promettant la mort
Et toi l’homme si fier et si niais
N’as-tu rien appris depuis tout ce temps ?
Pourquoi cèdes-tu encore
Aux mêmes appâts depuis si longtemps
En avalant les hameçons d’or
Que tu recracheras en mourant
Paul Obraska