La politique est l'art de gouverner une communauté, mais elle est le plus souvent l'art de conquérir le pouvoir et de s'y maintenir. Dans les démocraties le pouvoir s’acquiert par les élections, ce pouvoir qui fascine les politiques, même s'ils ne savent pas toujours quoi en faire (en dehors de leur promotion personnelle) une fois qu'ils en disposent.
Il est certain que les périodes électorales sentent mauvais. Il s'agit de séduire ceux qui sont susceptibles de vous donner le pouvoir en élevant le mensonge au niveau de l'argument, et de tenter de détruire l'adversaire au besoin en le calomniant, l’assassinat étant formellement prohibé sous nos climats aux regrets de certains.
Dans les démocraties, les armes sont verbales : désinformations, mépris, voire insultes, spécialité des seconds couteaux. Entre politiques c'est plus une joute oratoire, un spectacle théâtrale, dans une pièce écrite par d'autres avec le plus souvent de fausses manières, des postures tartarinesques qui visent à impressionner l’auditoire car les adversaires se connaissent depuis longtemps puisqu’ils naviguent dans les mêmes eaux et mangent à la même soupe.
Il n'en est pas de même des partisans et des militants qui se dévouent pour leur champion et prennent la chose au sérieux. Plus que leur champion, ils expriment ce qui ressemble fort à de la haine : sifflets et huées devant l’image de l’adversaire, boules puantes glissant sur la toile, fausses informations ou informations tronquées et déformées que d’autres recueillent religieusement pour les diffuser, sans les vérifier, sans en connaître la source puisqu’elles vont à l’appui de leurs convictions. Tout est bon à prendre. L’amour est aveugle, la haine aussi.