Que l’on soit humble ou puissant, la justice américaine vient de se montrer intraitable face à une accusation, même si elle ne respecte guère la dignité de la personne inculpée avant d’établir la certitude de sa culpabilité. Il n’y a rien à redire. Il est probable que dans d’autres pays, et notamment en France, une affaire de mœurs touchant un puissant aurait peut-être été étouffée. Egalité de tous devant la justice. Voir.
Car cette égalité a du mal à s’appliquer aux prêtres catholiques américains accusés de pédophilie. Les accusations et les victimes ne manquent pas, puisque celles-ci se sont regroupées en associations (SNAP). Certes, il faut attendre l’âge de 18 ans pour porter une accusation, les faits datent donc de quelques années, ce qui explique peut-être - bien qu’il s’agisse d’agressions sexuelles sur des enfants incapables de se défendre - l’inertie de la police et de la justice américaines. Ce temps de latence, qui risque de s’étirer, permet encore aux prêtres pédophiles de continuer à exercer leurs méfaits en toute impunité.
Il y a déjà un an, Benoît XVI avait promis une tolérance zéro contre les prêtres pédophiles. Et l’AFP, le 17 mai 2011, signale que « Dans cette "lettre circulaire", le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada, ordonne aux évêques de déférer à la justice civile les membres du clergé soupçonnés de pédophilie et de les empêcher d'exercer un ministère dangereux pour les mineurs. »
Autrement dit, ce n’est pas à la justice américaine d’enquêter et de sévir, mais aux évêques de porter les accusations alors que nombre d’entre eux ont couvert ces viols de mineurs et donc, en ont été les complices (et certains, peut-être, les auteurs). C’est un peu comme si l’on demandait au parti socialiste français d’établir la culpabilité de DSK.
Aux USA les viols effectifs d’enfants seraient-ils moins graves qu’une tentative de viol sur une femme ? Les deux sont inadmissibles, mais la justice américaine est-elle vraiment la même pour tous ?