Dans le monde occidental, après l'installation du Christianisme, l’homosexualité a été longtemps réprimée et ce n’est finalement que depuis ces dernières décennies qu’elle a acquis droit de cité et assez curieusement dans le sillage d'une maladie : le SIDA, apparue et propagée d’abord chez les homosexuels masculins en raison de leurs comportements. Le SIDA a été l’évènement dramatique à l’origine d’une communauté organisée, uniquement caractérisée par une orientation sexuelle, qui s’est attachée à porter sur la place publique et dans les instances politiques leurs revendications.
Les LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels) aspirent à la normalité en mettant en quelque sorte en doute la norme de l’hétérosexualité elle-même. La théorie du genre, où chacun serait à même d’opter pour le sexe de son choix en dépit du statut biologique, est maintenant enseignée dans les écoles. En Australie et au Canada, il existe même un troisième sexe : X sur les papiers officiels pour les transgenres qui ne se reconnaissent ni comme masculin ni comme féminin.
La revendication du mariage entre homosexuels tient à ce désir de normalité alors que le PACS, en France, donne déjà un statut juridique aux couples homosexuels et que le mariage est plutôt boudé par les couples hétérosexuels. Le mariage a en particulier pour intérêt de pouvoir éventuellement élever des enfants : apparence de normalité pour un couple dans l’impossibilité de procréer, obstacle irréductible.
Le monde musulman continue à réprimer, parfois sauvagement, l’homosexualité. En Malaisie où la venue croissante des arabes au XIIIe siècle a imposé l’Islam vers le XVe siècle en marginalisant les autres religions qui existaient auparavant dans ce pays. Un Islam qui est devenu de plus en plus rigoureux ces dernières années au point de vouloir interdire aux membres des autres religions de prononcer ou d’écrire le mot Allah. En Malaisie, non seulement l’homosexualité est réprimée mais les autorités cherchent à la dépister comme on le ferait d’une maladie. « Le gouvernement organise des séminaires pour apprendre aux parents et aux enseignants à détecter les premiers signes d’homosexualité chez les ados et préados. La dernière réunion en date a rassemblé 1 500 personnes à Penang. Les participants ont tous reçu un petit guide permettant d’identifier les symptômes de déviance. » (Courrier international). Pour les garçons potentiellement gays, ces symptômes seraient : un corps musclé que l’on aime exhiber, des tee-shirts en V et sans manches, les vêtements moulants et de couleur claire, de grands sacs, semblables à ceux qu’utilisent les femmes. De tels symptômes doivent alerter les parents et les conduire à agir immédiatement pour « contrer la propagation de ces tendances malsaines chez les élèves » (selon le vice-ministre malaisien de l’Education). Un journal malaisien rapporte que l’an dernier, 66 « garçons efféminés » ont été remis sur le droit chemin lors d’un camp d’été organisé dans l’Etat de Terengganu.
Tout tourne autour de la procréation. Le monde occidental, malgré les réticences ou les oppositions des religions chrétiennes, a fini par séparer sexualité et procréation. La sexualité s’est libérée dans toutes ses formes non agressives et la procréation a pu être contrôlée avec l’aide de la science, mais la procréation reste l’apanage du couple hétérosexuel et les homosexuels veulent y accéder ne serait-ce que de façon indirecte. Dans le monde musulman, ni la sexualité, ni la procréation ne se sont libérées et les homosexuels, qui ne peuvent pas procréer dans le cadre d'un couple de même sexe, sont condamnés, étant dans l’impossibilité de suivre les directives « divines ».