Marisol Touraine, la nouvelle ministre des Affaires sociales et de la santé, a une idée fixe et depuis longtemps, car elle serait une de ses motivations pour accéder à ce poste : encadrer les dépassements d’honoraires dans la perspective de faciliter l’accès aux soins. Quelques remarques :
1° Il est certain que plus les honoraires seront bas, moins les patients hésiteront à consulter mais moins il y aura de médecins susceptibles de les recevoir.
2° Les dépassements d’honoraires ne concernent qu’une minorité de médecins (plus les spécialistes que les généralistes) et s’ils ont été amenés à le faire, le secteur 2 et le futur secteur optionnel comportant des désavantages, c’est que les honoraires des médecins sont plutôt bas par rapport à leurs compétences et au travail fourni (y compris administratif qui finit par manger le temps qui devrait être consacré aux malades).
3° Etant donné que la majorité des médecins respectent les honoraires imposés par l’assurance maladie, on peut toujours trouver un médecin qui les respecte et dont la compétence est égale à celle des praticiens qui effectuent des dépassements. Mais la nature humaine est ainsi faite et la santé étant un bien précieux, les patients pensent que celui qui prend plus cher ou dont la notoriété est plus grande est susceptible de mieux les soigner (ils n’ont pas toujours tort).
4° Si Mme Touraine pense qu’il s’agit là d’un problème essentiel, elle risque de rencontrer quelques déconvenues. Mais il est plus facile de s’attaquer à une partie du corps médical, attaque dont le résultat ne peut être que superficiel, plutôt que de tenter de résoudre les problèmes de fond dont les solutions - il est vrai - ne sont pas évidentes. Mais il faut bien faire quelque chose, n’est-ce pas ?