Roselyne Bachelot avait fixé comme premier objectif aux agences régionales de santé (ARS qui chapeautent l’organisation des soins depuis avril 2010) d'améliorer la permanence des soins. D’après un document révélé par le Parisien, il serait prévu de faire passer le nombre d’établissements assurant des urgences chirurgicales de nuit, actuellement entre 6 et 11 à 1 seul par département ! De 18 h 30 et 8 heures le matin, ainsi que le week-end et les jours fériés : « un seul bloc devrait être ouvert pendant vingt-quatre heures dans chaque département » appelé « tête de pont » et en bons propagandistes les auteurs du document affirment que « Cette rationalisation doit aboutir à assurer un égal accès aux soins sur tout le territoire (…) et rendre le dispositif plus efficient ». C'est-à-dire une égalité devant la pénurie et une inégalité pour ce qui concerne la distance à parcourir et le temps nécessaire pour que l’on vous porte secours. Il est certain que le dispositif sera efficient sur le plan économique pour les hôpitaux (et peut-être pour les pompes funèbres).
En outre il est possible que les auteurs de ce document n’aient jamais mis les pieds dans un hôpital, car si l’activité des blocs opératoires est très faible de minuit à 8 heures du matin, les patients se bousculent souvent à l’hôpital de 18 heures à minuit après avoir attendu la journée avant de se décider à se faire hospitaliser dans la crainte de la nuit.
Mais selon le président de l'ARS d'Ile-de-France, le socialiste Claude Evin, il ne s'agit que d'un "document de travail qui vise juste à lancer la réflexion". Je ne sais pas si « réflexion » est le terme adéquat. Espérons qu’il s’agit du lancer d’un ballon d’essai.