Les cellules du sang étant des cellules jeunes, elles sont particulièrement sensibles à l’exposition aux radiations avec un risque de leucémie. Dès le 29 mars, la Société japonaise de transplantation de cellules souches du sang indiquait que « cent sept équipes étaient prêtes à collecter et à conserver les cellules souches hématopoïétiques des travailleurs qui tentent de limiter le risque de radiations » à la centrale nucléaire de Fukushima. Le prélèvement des cellules souches chez les travailleurs exposés permettant de réaliser, si nécessaire, des greffes dites autologues (cellules appartenant au sujet lui-même) bien plus efficaces que des allogreffes (provenant de la même espèce). Cinquante établissements hospitaliers à travers l’Europe ont rapidement déclaré qu’ils étaient prêts à aider les praticiens japonais.
Et que répond à cette proposition le Nuclear Safety Commission of Japan : qu’il n’était pas nécessaire de procéder à une telle collecte. Pourquoi ?
- Parce que les ouvriers japonais ne seraient pas exposés à des niveaux de radiation entraînant des dommages immédiats face auxquelles les transplantations de cellules souches hématopoïétiques pourraient se révéler utiles.
- Que de tels prélèvements pourraient créer chez certains travailleurs un faux sentiment de sécurité et les inciter à prendre encore plus de risques.
- Que la moelle osseuse n’était pas seule à être touchée par les radiations et que ces prélèvements ne pourraient pas répondre à l’ensemble des pathologies possibles.
En admettant que les ouvriers ne sont pas exposés à des « dommages » immédiats, cela n’exclut pas des « dommages » ultérieurs. Cette commission admet la survenue possible de pathologies diverses et sous prétexte qu’on ne pourrait pas toutes les traiter par ces prélèvements, elle trouve superflu de prévoir le meilleur traitement pour l’une d’entre elles. Sachant que d’autres pathologies sont possibles on ne voit pas pourquoi les ouvriers prendraient davantage de risques si ces prélèvements étaient effectués.
Le déni des dangers réels de la catastrophe conduit les autorités nipponnes, sans doute pour (faussement) rassurer, à s’opposer aux mesures qui permettraient un traitement efficace d’une des pathologies dont risquent de souffrir ceux qui combattent dans l’enfer.
A Tchernobyl, neuf personnes avaient reçu une greffe de moelle allogène.