Toutes les tentatives pour faire enseigner dans les écoles des USA la doctrine du « dessein intelligent », d’inspiration chrétienne, au même titre que l’évolutionnisme pour expliquer l’existence de l’homme et son évolution sur terre se sont heurtées jusqu’à présent à l’intransigeance de la justice américaine.
Cependant dans les faits la situation est plus inquiétante. C’est ce qui ressort d’une enquête de Michael B. Berkman et Eric Plutzer, du département de science politique de l’université d’état de Pennsylvanie, parue récemment dans la revue Science. Cette enquête a été menée auprès de 926 enseignants de biologie exerçant dans des écoles publiques des USA.
- A peine 28 % des professeurs interrogés enseignent que seule la théorie darwinienne doit être évoquée pour expliquer l’évolution de l’homme.
- 13 % donnent pendant au moins une heure la primauté à une présentation positive des thèses créationnistes.
- La majorité des enseignants en biologie tentent soit d’éviter le sujet, soit, ce qui est très fréquent, de présenter les idées darwiniennes et les dérives créationnistes sur un pied d’égalité, en avançant un argument pragmatique : la théorie de l’évolution est celle qui permet de remporter des points aux examens et qu’il est donc nécessaire de « faire comme si la théorie de l’évolution était vraie ». Attitude d’une lâche prudence pour éviter les questions des élèves et les remontrances des parents (redoutées dans 29% des cas).
Si en France les créationnistes ne sont guère écoutés, ils le sont davantage en Serbie, en Pologne ou en Italie.