ARBRE EN HIVER
Sur cet arbre en hiver qui s’était effeuillé
Les cieux pudibonds semblent avoir laissé choir
Des nuages de passage sur son corps dépouillé
Couvrant ses membres nus d’un feuillage noir
Le vent soulèvera ces habits provisoires
Laissant l’arbre en hiver aussi dépourvu
Son squelette de bois que chacun pourra voir
Ses bras se découpant sur la clarté des nues
L’arbre patiente dans son sommeil hivernal
Les feuilles naissantes de sa prochaine mue
Viendront recouvrir sa carcasse sépulcrale
Et il renaîtra poussé par sa sève dormante
Dans son habit de paillettes pour un autre bal
A nouveau grand seigneur dans sa splendeur puissante
Paul Obraska