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DANS MA VILLE XIII

 

JOURNEE MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE
 


INTERIEUR

 

Matelas, couvertures, bouteilles, cartons

Ne marchez pas dessus ! Un homme est enseveli

Il est vivant, son souffle soulève les chiffons

A l’intérieur des débris, un homme est endormi

 

Les passants le frôlent  en l’évitant

Les voitures éructent leur gaz carbonique

Les banques exhibent leurs boites d’argent

Près de l’homme démuni coule le fric

 

Sur sa terrasse conquise, le vagabond

Vit  ses rêves pour ne pas rêver sa vie

 Enfermé dans son alcôve de chiffons

 

Il rêve de souvenirs ou d’impossibles envies

Ses songes sont à lui, c’est son seul fond

Il ne demande rien. Qu’il reste endormi
 
 
 


INDIFFERENCE

 

Comme un bateau échoué sur un banc de sable,

Le vagabond restait assis, le dos courbé,

Solitaire, Immobile, immuable,

Il voyait les passants sans les regarder.

 

A chaque fois que le promeneur passait près du banc,

Il y trouvait toujours le vagabond, assis, le dos courbé,

Une main possessive sur son sac de vêtements,

Plié pensif sur son banc, sans rien demander.

 

A chaque fois que le vagabond s’asseyait sur ce banc,

Il voyait toujours passer ce même promeneur,

Jetant autour de lui un coup d’œil indifférent,

Du même pas régulier, toujours songeur.

 

Pendant des jours et des jours, chaque après-midi,

Les deux hommes se sont croisés, sans jamais se parler.

Pour le promeneur, le vagabond restait toujours assis,

Pour le vagabond, le promeneur ne faisait que marcher.


Paul Obraska

 

 

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O
C'est son "chez lui". Le plus étonnant est que la police n'y touche pas, et ce quartier est très animé. les passants défilent devant le lit en tournant plus ou moins la tête pour vérifier s'il y a quelqu'un de couché dedans. Dr WO
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S
Et personne n'y touche, depuis plusieurs années ? Ce qui est étonnant c'est q'il soit toujours au même endroit, bien fait et protégé comme si le "propriétaire" y avait son repère et aussi sa dignité d'homme.
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O
La photo montre un lit sur le trottoir soigneusement fait, protégé de la pluie par un plastique. Il est là depuis plusieurs années en face des banques. "Son propriétaire" vient y coucher, les couvertures par-dessus la tête et souvent le jour. Par égard pour lui j'ai pris la photo en son absence. Dr WO
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S
La plupart de ces hommes avaient une maison, un abri, un emploi...Comment une société dite civilisée peut-elle ainsi laisser dormir sur des trottoirs des hommes, des femmes et parfois des enfants ? Où est la fraternité inscrite au fronton des édifices ? C'est parfois à désespérer...
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