MAI
En ce mois de mai ensoleillé
Les hommes infidèles sont jaloux
Ils regardent les femmes déambuler
Et marchent en se tordant le cou
Pour suivre les madones dénudées
Ils les voient aux terrasses des cafés
Les épaules rondes où glisse la lumière
Les jupes légères sur les jambes nues
Ou relevées bien haut sans manière
Derrière les tables dressées dans les rues
Pour laisser un peu de la chaleur du ciel
Caresser leur peau refroidie par l'hiver
Les hommes sont jaloux des rayons solaires
Qui déshabillent facilement les femmes fidèles
Bien mieux qu'ils ne sauront jamais le faire
Paul Obraska
ODEURS
Les effluves panachés s'élèvent du bitume
Odeurs d'essence et d'ordures de bennes
Déchets de trottoirs que les urines parfument
Bouches d'égout à la mauvaise haleine
La truffe canine hume les déjections fraternelles
Concentrée avec délice sur les odeurs merdiques
Et lèche affectueusement le maître en chien fidèle
Partageant le secret d'arômes mirifiques
Sur le pas de restaurants aux cuisines lointaines
Des senteurs exotiques parfument la chaussée
Tapis volant pour des voyages sans peine
Vers l'orient de contrées affamées
Le halot de fragrance d'une femme qui passe
Offre aux inconnus croisés sa toilette matinale
Au bord d'un jardin que les murs enchâssent
Le miracle des troènes dont l'essence s'exhale
Paris étouffe sous un garrot de chaleur
La ville incontinente lâche des vents mêlés
Son air saturé d'inextricables odeurs
Assaille dans la moiteur nos nez affolés
Paul Obraska