Quand on parle de croissance et de décroissance, c’est immédiatement à l’économie que l’on pense. Le monde est dominé par les impératifs économiques, bien qu’ils soient aujourd’hui mâtinés d’une dose toxique de religion. Tous les pays s’essoufflent à rechercher la croissance comme les chevaliers de la Table ronde à la recherche du Graal. Certains écologiques prônent au contraire la décroissance pour économiser les ressources de la planète.
Non, mon propos n’est aucunement économique, il serait plutôt onéreux. Quand je parle de croissance, je songe pudiquement à celui du sexe masculin. Je viens d’apprendre (Atlantico.fr) que 15414 opérations d’agrandissement du pénis ont été effectuées à travers le monde (de 3 à 6 cm pour la longueur et éventuellement de 2 à 3 cm pour le diamètre).
Et c’est là que je retombe sur mes pieds en rejoignant l’économie : c’est l’Allemagne qui arrive en tête pour la croissance phallique puisqu’une opération d’agrandissement du pénis sur cinq a été réalisée outre-Rhin, la somme à débourser s’élevant à 9600 €. Le Venezuela et l’Espagne, puis le Mexique et la Colombie arrivent derrière, l’Iran est en dixième position. Mystère : la France n’est pas citée dans le classement de l’étude publiée par « International Society of Aesthetic Plastic Surgeons ». Les Français sont-ils satisfaits de leurs attributs ou ont-ils renoncé à toute croissance ?
Parlons maintenant de décroissance. Que mes frères masculins ne s’inquiètent pas, il ne s’agit pas d’amputer un appendice auquel ils sont très attachés. La décroissance dont je veux parler concerne le sexe féminin ou plus précisément de ses lèvres. Un groupe britannique de chirurgie esthétique a révélé que le nombre de demande de labiaplastie a progressé de 45% au cours des quatre dernières années. « Ainsi, [en Grande-Bretagne] 3 500 interventions visant à remodeler le dessin des lèvres vaginales sont désormais réalisées chaque année, dont 1 150 concernent des jeunes femmes de 18 à 24 ans ». Cette tendance existe également aux USA.
Les prétendues imperfections de ces lèvres paraissent plus visibles avec la mode de l’épilation intégrale. Les perfectionnistes recherchent l’esthétique vulvaire des très jeunes filles ou s’inspirent de modèles révélés par les films pornographiques. Comme toute décroissance, celle-ci n’est pas sans risque car outre des infections possibles, des douleurs lors des rapports peuvent parfois gâcher le plaisir de la contemplation.