L’un relate la manifestation de femmes les seins nus en soutien à l’une d’entre elles verbalisée pour s’être promenée dans la ville les seins découverts en raison de la chaleur, réclamant pour les femmes l’égalité avec les hommes qui, eux, vaquaient torse nu à leurs occupations sans redouter l’intervention des forces de police. Une manifestation à la fois en faveur de la liberté de la femme et de son égalité avec l’homme, quoi que l’on puisse penser du caractère sexuel des seins d’une femme et l’absence d’attractivité des mamelons masculins.
Le second article concerne le port dans les établissements scolaires de l’abaya, vêtement notamment porté en Arabie Saoudite, dont veulent se recouvrir des jeunes filles de confession musulmane. Cette couverture intégrale du corps féminin permet d’effacer ses formes dans l’espace publique, de le cacher à la gent masculine pour ne pas susciter dans leur cerveau d’obsédés les mauvaises pensées qui lui sont attribuées. Un vêtement recouvrant bien proche de la burqa. Dans cette civilisation la femme n’est pas libre de son corps, elle n’est évidemment pas l’égale de l’homme. Elle lui est soumise et ces jeunes filles admettent déjà cette soumission. Dans le cas où le port de ce vêtement se voudrait une manifestation identitaire plus que religieuse, sa signification serait encore pire pour l'unité du pays. L'important n'est pas le vêtement mais la signification que lui donne la personne qui le porte.
Le nouveau ministre de l’Education nationale, au nom de la laïcité, compte donc rédiger une circulaire pour interdire le port de l’abaha à l’école, alors que son prédécesseur avait courageusement passé la patate chaude aux directeurs d’établissement. Les têtes pensantes du culte musulman se sont empressées de déclarer que l’abaya n’est pas un vêtement religieux mais coutumier. Le voile non plus n’est pas une coiffe religieuse, il est dommage que les mollahs d’Iran n’en soient pas avertis ce qui leur éviterait de massacrer des femmes pour l’avoir porté de travers.
Notons par ailleurs que l’abaya ne fait pas encore partie des coutumes françaises et je me demande si un directeur admettrait dans son établissement scolaire des jeunes filles habillées avec le costume folklorique de leur région.
Dessin de Chaunu paru dans Ouest-France