Dans un précédent billet (« Cachez ce sein que je ne saurais
boire ») je faisais état (comme beaucoup d’autres) de la fatwa édictée en Egypte en 2007 et récemment confirmée par Cheikh Abdul Mohsen Bin Nasser Al-Obeikan, membre du Conseil des grands
oulémas d’Arabie Saoudite et conseiller du roi. D’après cet esprit éclairé, les femmes saoudiennes ont le droit de donner le sein à leurs conducteurs étrangers (puisqu’elles n’ont pas le droit de
conduire) afin d’en faire l’équivalent de leurs propres fils et frères de leurs filles, “Une femme peut donner le sein à un homme adulte afin
d’en faire son fils. De cette manière, celui-ci pourra la fréquenter, elle et ses filles, sans enfreindre la loi islamique”, loi interdisant aux hommes et aux femmes de
frayer ensemble, ce qui est le cas dans l’habitacle étroit d’une voiture où Dieu sait ce qui peut s’y passer. Le religieux précise toutefois que le lait devait être tiré de la femme et donné à
l’homme dans une tasse (d’après le journal Gulf News qui rapporte les faits, le religieux a fondé sa fatwa sur un hadith
du Prophète, rapporté par Salim, serviteur d’Abu Huzaifa à une époque où les conditions de la montée de lait étaient peut-être ignorées et semblent l’être restées de nos jours par certains
religieux de l’Islam).
Son application ne s’est pas fait attendre : Hamid Al-Ali, journaliste pour un magazine en ligne, rapporte qu’un chauffeur égyptien qui s’était amouraché de l’institutrice qu’il emmenait à l’école lui avait demandé de lui donner le sein et, devant son refus, il avait répondu : “Je veux devenir votre fils.”
Les femmes saoudiennes trouvent évidemment cette fatwa stupide et se demandent si elle doit s’appliquer également aux maris, qui devraient alors téter le sein de leurs employées de maison pour devenir frères et sœurs. Une présentatrice sur une chaîne de TV a demandé à l’imam si elle devait donner le sein à tous ses collègues présents sur le plateau, l’imam en bon jésuite aurait esquivé la question.
Les femmes saoudiennes menacent d’appliquer le décret en lançant une campagne avec pour slogan : “Laissez-nous conduire ou nous donnons le sein à tous les chauffeurs étrangers”.
C’est loin l’Arabie Saoudite ?