Commerces

Publié le par Dr WO

Dans les villes – Attention, je ne parle pas des périphéries des villes où les surfaces sont surfacées par des surfaces de plus en plus nombreuses, de plus en plus grandes et de plus en plus laides, s’étalant sur la terre jadis champêtre comme de gigantesques pizzas rectangulaires piquées de quelques drapeaux colorés flottant dans les effluves d’essence. Non, je veux parler des villes intra muros ou plutôt intra-périphérique - Donc dans les villes, le visage des commerces  a changé. Exit les boutiques d’artisans, les petits commerces et même des lieux conviviaux comme des cafés qui ferment après avoir déversé leurs fumeurs sur les trottoirs, locaux immédiatement investis par des agences de banques, pièges à fric groupées dans des endroits stratégiques, des agences immobilières, dont le nombre a doublé en dix ans[1], mais aussi, enfilées en brochettes, des pizzerias, des saladeries, des chinoiseries ou des fast-fooderies (à noter que "fast" veut également dire jeûne, il est vrai que pour se nourrir avec ces grosses choses rondes il faut avoir une souplesse et un développé de mâchoires adaptés, ce qui n’est pas donné à tout le monde et c’est une des raisons pour laquelle les jeunes, aux articulations et aux dents neuves, y sont si nombreux).

Cette organisation des commerces a cependant une certaine cohérence car, avant la crise, le citadin qui voulait cesser de payer des loyers exorbitants et faire partie de la catégorie des propriétaires (perspective alléchante tracée par notre bon président), entrait dans l’agence immobilière du coin de la rue, puis dans l’agence bancaire de l’autre coin pour emprunter de l’argent, et il ne  lui restait alors que de quoi se payer une salade, un rouleau de printemps ou une chose ronde dégoulinante si l’ouverture de sa bouche le lui permettait.

Le monde est bien fait.



[1] En raison de la crise actuelle 3000 à 3500 agences ont dû fermer boutique avec 15000 emplois menacés, soit un dixième des effectifs.

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O
C'est automatique. L'agence immobilière est peut-être là pour laver de l'argent sale ou loger du "beau linge". Dr WO
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D
Petit coucou de La Garde-Freinet. Pour information, la laverie automatique vient de disparaître au profit d'une énième agence immobilière ! Beaucoup trop de vendeurs pour des acheteurs qui se raréfient.
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O
Pas de Pau. Dr WO
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P
Ah ! Si François bayrou avait été élu ! lol
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O
Vous remplissez ma tasse, reste à me trouver une place à une terrasse pour m'asseoir. Heureusement dans mon quartier, pour l'instant, ça ne pose pas de problème. Dr WO
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S
A Pau, plusieurs cafés ont disparu en centre ville pour laisser la place à des banques ou à des "franchises" qui changent sans cesse autour d'une place pavée de blanc dont les arbres ont disparu. C'est hideux.
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O
J'ironisais surtout sur Paris. Je connais moins les autres villes. Dr WO
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D
Non, Toulousain. Pourquoi ?Cordialement
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O
Vous êtes Parisien ? Dr WO
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D
Je ne serais pas aussi pessimiste. Ces dix dernières années j'ai changé deux fois de maison dans mon quartier et à chaque fois c'était grâce à une agence familiale avec un type sympa qui connaissait son boulot. Je continue à aller chez mon boucher, mon épicier du coin, et au marché hebdomadaire pour faire le plein de légumes, poulet et oeuf. Après, tous ces faiseurs de vents, ces commerciaux creux et vide, jeunes costards dynamiques avec trois rangées de dents blanche devant, on les voit passer et disparaître. Sans regret sans souvenir.
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O
Il serait temps. J'ignore ce qu'il en est à Paris. Dr WO
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P
Je rappelle toutefois que nombre de bailleurs profitent éhontément de l'implantation de leur commerce pour exiger le versement de loyers exorbitants. Les petits commerçants ne peuvent lutter. Aussi le législateur est-il intervenu pour freiner l'implantation des agences bancaires et immobilières.Désormais, les communes peuvent permettre l'installation de petits boulangers ou de cafetiers dans les rues de leurs centre-villes. Et ça marche ! Ces dispositions commencent à être appliquées.
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O
Les agences immobilières ont eu les yeux plus gros que le ventre. On va de bulle en bulle. Dr WO
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P
Les villes sont devenus des endroits de luxe où si tout ne l'est pas, au moins bien des choses y sont chères. Les agences immobilières qui se sont multipliées l'ont souvent fait en vue d'un gain à courte vue ou dans l'illusion d'une croissance infinie. On le voit, c'était une erreur. Dommage pour les employés. Mais pour eux seuls.
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O
C'est pour ça que les cafés ne doivent pas disparaîtrent. Dr WO
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S
Entre les banques et les agences immoblières on voit désormais de plus en plus de gens avaler en marchant des sandwiches dégoulinants, le portable à l'oreille, se livrant à une gymnastique intéressante pour parvenir à tout concilier ! Quand on est assis à la terrasse d'un café, le spectacle est tout à fait passionnant.
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