Quand on parle de guerre, il parait sensé de s’adresser à un militaire malgré l’avertissement de Clémenceau : « la guerre est une chose trop sérieuse (ou trop grave) pour être confiée à des militaires ».
Un article du Canard enchaîné du 14/09/16 fait état de l’opinion d’un spécialiste : le chef d’état-major des armées françaises, Pierre de Villiers, lors de l’université d’été de la Défense qui s'est tenue début septembre. Le premier de nos militaires, en suivant le conseil de Clémenceau, préfèrerait ne pas faire la guerre ou en tout cas de la façon dont nous la faisons (très modestement) contre l’Etat islamique, s’opposant ainsi à la stratégie du chef de l’Etat : « Gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix, et on ne détruit pas une idéologie uniquement avec des bombes ».
C’est certain. L’idéologie étant dans les têtes, il faudrait pour bien faire détruire toutes les têtes porteuses pour avoir une chance de la faire disparaître. Et encore, l’idéologie est increvable car elle se réfugie, en quelque sorte, dans le Cloud, prête à envahir de nouvelles têtes. Le terrorisme islamique existait avant le « califat » et survivra à sa disparition.
Reste tout de même qu’un encrage territorial est un élément attractif pour les décérébrés, à tel point que l’on peut se demander, de façon paradoxale, s’il ne serait pas souhaitable de maintenir ce califat pour y déverser notre trop-plein de têtes brulées, mais en les priant d’y rester.
Notre chef d’état-major est un pacifiste car il a également déclaré : « Une stratégie basée sur les seuls effets militaires ne pourra jamais agir sur les racines de la violence quand celles-ci s’ancrent dans le manque d’espoir, d’éducation, de justice, de développement, de gouvernance, de considération. ».
Fermez le ban !
Ce qui implique, d’après ce militaire propre sur lui et politiquement correct, que nous sommes coupables du terrorisme islamique sur notre territoire et ailleurs, comme dans un pays aussi sous-développé que les Etats-Unis. Par contre, il semble ne pas avoir mentionné (mais je n’ai pas connaissance de l’intégralité de ses déclarations) le rôle de la religion musulmane dans sa forme intégriste en tant que racine de la violence. A moins de considérer que nous sommes également responsables de l’intégrisme islamique pour ne pas avoir offert à ces misérables (comme Oussama Ben Laden, héritier richissime) de l’espoir, l’accès à l’éducation et la considération qu’ils méritent.
Clémenceau avait raison.