Picasso : "Femme qui pleure"
En Russie, c’est dans le milieu familial que se produisent 40 % des crimes graves, et « plus de 10 000 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint ». Une violence bien arrosée par l’alcool et dont sont également victimes les enfants.
Et comment justifier cette large dépénalisation des violences domestiques ?
C’est simple, elle permettra de protéger la famille.
Pour Poutine : aller trop loin dans l’intervention de l’Etat « c’est mauvais à la fin, ça détruit la famille » (dec. 2016). Il s’agit de la « préservation des valeurs traditionnelles familiales », selon une sénatrice russe, c’est à dire le droit des parents à punir physiquement leurs enfants, en mettant dans le même sac, mais sans le dire, le droit de battre les femmes, mais raisonnablement en respectant les « valeurs traditionnelles familiales » sans aller jusqu’à l’hospitalisation de la victime.
L’Eglise orthodoxe n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction. Les religions sont très attachées au noyau familial, même explosif, même entièrement pourri. Il suffit de mettre un couvercle par-dessus. On peut se déchirer devant les enfants, se battre, se tuer, mais pas divorcer. La famille est sacrée, l’essentiel est de préserver les apparences, en nageant au besoin dans l’hypocrisie, le mensonge et en fermant les yeux devant la souffrance des victimes consumées dans la chaleur du foyer familial.
On se demande vraiment pourquoi, où est la vertu ?