On ne compte plus le nombre de fois où Erdogan a traité les Allemands d’aujourd’hui de fascistes au moindre désaccord entre l’Allemagne et la Turquie. Or c'est le régime turc qui prend progressivement toutes les couleurs du fascisme : un chef, même s’il fut élu, comme ce fut le cas pour Hitler, une idéologie : l’islamisme, la répression des opposants avec l’installation de fait d’un parti unique, le rejet des ethnies minoritaires comme les Kurdes qui succèdent aux Arméniens, la tendance conquérante ne s’exprimant pour l’instant qu’aux marges.
Des racistes pur jus se trouvent parmi ceux et celles qui se proclament « antiracistes » car ils se permettent ouvertement de tenir des discours et des manifestations racistes. Ce sont ces antiracistes autoproclamés qui ont fait resurgir la notion de races (« racialisation») allant jusqu’à les comparer entre elles comme le fit Rokhaya Diallo en parlant « d’excellence noire » dans le Washington Post à propos de l’équipe de France de football ayant remporté la coupe du monde. Ce qui introduit une hiérarchie entre les races en respectant ainsi la définition princeps du racisme. Puis-je conseiller à Mme Diallo de ne pas étendre la comparaison en dehors du domaine sportif.
Quant à la Licra de Paris: dans un texte intitulé «le colonialisme vu sous un autre jour» diffusé sur Facebook elle critique «une équipe croate dramatiquement uniforme». Ce qui suggère que cette équipe a perdu la finale parce qu’elle était trop blanche ! Plus idiote et dangereuse que la Licra, tu meurs.
Revenons à ce jugement enthousiaste de l’animateur du Daily Show : «l'Afrique a gagné la coupe du monde !» Ce n’est pas l’avis de l’écrivain algérien Kamel Daoud qui dans une chronique du Point, pense, lui, que la composition ethnique de l’équipe de France ne permet pas de proclamer une victoire de l’Afrique, mais bien au contraire sa défaite car pour exprimer leurs talents les Africains sont obligés de s’expatrier jusqu’à risquer leur vie pour y parvenir.
Illustration : Le Caravage : "Joueurs d'échecs"