Cyril Hanouna qui anime par sa tchatche l’émission TV « Touche pas à mon poste », dont on connaît le bon goût, a fait voter 178 personnes de son public, le 10/04/17, dans un simulacre d’élection pour le premier tour de la présidentielle. C’est Jean-Luc Mélenchon, avec 32% des voix, qui est arrivé en tête de ce scrutin bidon.
Bon, on se dit que c’est logique : des fans d’un bonimenteur sont d’évidence sensibles au talent d’un autre bonimenteur, d’un autre homme de spectacle aux saillies appréciées comme le sont pour ce public les saillies (pas de mauvais esprit SVP) de leur présentateur préféré.
Las ! Ce simulacre d’élection a également été organisé sur des campus d’instituts d'études politiques de Lille, Rennes, Grenoble, et d’Aix-en-Provence depuis la mi-mars. Résultat : JL Mélenchon arrive également en tête et Poutou, le trotskyste qui roule des mécaniques, dépasse parfois Fillon !
Si on peut penser que, peut-être, le public de Hanouna n’a qu’une connaissance imparfaite du programme de Mélenchon et qu’il a été surtout sensible à sa tchatche, il me paraît difficile d’accuser les élèves de « sciences politiques » de l’ignorer (ce qui serait désespérant).
Donc, les bras m’en tombent que l’on veuille à la tête du pays un revenant d’une idéologie du XXe siècle qui, quelle que soit la forme qu’elle a prise, a fait le malheur des peuples qui l’ont subie. Est-ce osé de craindre qu’elle puisse aboutir au même résultat dans notre pays quelle que soit la forme que Mélenchon veut lui donner, notamment celle qu’il semble apprécier et qui s’illustre tristement en ce moment au Venezuela ?
Ce comédien qui attire les foules, admirateur de Robespierre, ambitionne de rejouer une adaptation moderne en plus soft de la révolution française, la constituante en bandoulière, et les riches à la place des ci-devant d’antan.
Avec une autre revenante du XXème, son double sur bien des aspirations, les deux se référant à De Gaulle que leurs camps avaient vomi en son temps, Mélenchon forme un couple redoutable, à la manière de Bonnie and Clyde, que l’on aimerait ne pas voir ensemble à la scène finale.