Ce matin sur France Inter, un des porteurs de parole, Dominique Paillet, à
qui l’on demandait pourquoi Alain Joyandet et Christian Blanc avaient démissionné et pas Eric Woerth, a répondu : parce que les deux premiers avaient commis des abus. Ah ! Bon, il est
donc normal de se servir des fonds publics à des fins personnelles, mais l’essentiel est de ne pas en abuser. Il aurait pu ajouter (mais il ne l’a pas fait) et surtout il ne faut pas que cela se
voit.
Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille, a déclaré que c’était tout à leur honneur d’avoir démissionné et parle de « maladresses » de leur part. Je ne sais pas très bien où cette dame place l’honneur, mais elle a sûrement raison quant à la maladresse : celle de s’être fait prendre, et je suppose que si cela n’avait pas été le cas, ils n’auraient pas eu l’honneur de démissionner. Ils l’ont d’ailleurs fait avec un long temps de latence après la connaissance des faits qui suggère qu’ils ne savaient plus très bien où ils avaient mis leur honneur.
Des figures, plutôt bien vues des Français, Simone Veil et Michel Rocard, s’alarment et crient « halte au feu ! », toujours dans la crainte des effets pervers du populisme. Mais si les hommes politiques n’étaient pas inflammables, il n’y aurait pas le feu. Les médias, qui font cette fois leur travail d’investigation, devraient-t-ils se taire parce que nos dirigeants ont bobo ?
Il faut cependant souhaiter que la maison ne brûle pas avec ceux qui s’en occupent.