Un rapport vient d’être remis au ministère de la Santé, les auteurs en sont très contents et la
proposition qu’ils soumettent à Xavier Bertrand semble le séduire.
De quoi s’agit-il ? De la création d’un corps de nouveaux professionnels de santé (« paramédicaux praticiens »), formés à un niveau intermédiaire entre les paramédicaux à Bac+3 et les médecins au minimum à Bac+9, la formation serait du niveau master.
A quoi serviraient- ils ? « Dans le suivi des maladies chroniques, dans la prise en charge des sujets âgés, dans la transplantation et même dans la chirurgie ». Avec le droit de prescrire.
Pourquoi ce nouveau corps? En raison de l’évolution de la démographie médicale. « La délégation de tâches est une des solutions à mettre en œuvre rapidement pour redonner aux médecins le temps médical qu’ils revendiquent. »
Les techniques médicales prenant une place de plus en plus grande et devenant de plus en plus complexes, la formation de techniciens venant renforcer les équipes ne serait pas inutile, mais « les paramédicaux praticiens » seraient habilités à faire un diagnostic clinique et des prescriptions, les patients étant ainsi examinés et traités par des sous-médecins (et probablement sous-payés) à l’instar des « médecins aux pieds nus » de Mao.
Pas assez de médecins dans le futur ? Mais pourquoi ne pas desserrer le numerus clausus ? Pourquoi ne pas valoriser leur travail pour attirer les vocations ? Redonner le temps médical ? (à noter que traiter les sujets âgés ne serait pas du temps médical, du temps vétérinaire peut-être ?). Alors pourquoi ne pas alléger la pression administrative ? Bref, pourquoi les emmerder sans arrêt ?
Et les infirmières là-dedans ? Le corps infirmier est très bien formé sur le plan médical. Ayant parcouru les manuels qui lui sont consacrés, je peux vous dire que sa formation est d’un haut niveau. Alors pourquoi ne ferait-il pas le travail de ces « paramédicaux praticiens » dont la place me parait bien incertaine, voire inconfortable ? Mais, voilà, il n’y a pas assez d’infirmières. Et pourquoi cela ?
Nous avons en France deux corps de santé de bonne qualité, Il serait temps d’améliorer leur sort pour attirer les vocations, plutôt que d’en créer un troisième dont l’utilité est discutable et qui risque fort de ne pas être satisfait du sien.
Illustration : Goya "Autoportrait avec le Dr Arrieta"