Mme Diallo a fait curieusement remarquer que le terme de « lynchage » devrait être réservé aux noirs qui avaient subi cette mise à mort aux USA. Le lynchage devrait donc être réservé aux victimes noires et que l’utiliser pour un Blanc serait en quelque sorte une appropriation culturelle, expression qu’elle n’a heureusement pas utilisée, mais c’était tout juste[1].
Le bruit autour de l’affaire Depardieu est monté jusqu’à Jupiter qui a eu la malheureuse idée d’évoquer la stature de l’acteur et la présomption d’innocence, les féministes, griffes dehors, le mettent déjà en pièces. Sur ces faits, une cinquantaine d’artistes fort connus ont publié une tribune dans le Figaro pour soutenir le « dernier monstre sacré » du cinéma français, arguant de la présomption d’innocence mais aussi de l’apport de Depardieu à l’art. Ce dernier argument me parait d’une grande faiblesse, même le génie n’excuse pas les exactions, et utiliser la culture comme alibi pourrait être une appropriation culturelle d’un autre type.
Il est probable que beaucoup de grands esprits ou de grands artistes dans l’histoire auraient été condamnés par le monde d’aujourd’hui et n’auraient pas pu continuer à créer des chefs-d’œuvre devant lesquels nous sommes en admiration sans réserve. Par ailleurs, certains ou plutôt certaines parlent de censurer (avant tout jugement) les films de Depardieu, ce qui est particulièrement stupide, d’abord ce serait censurer toutes les équipes qui ont participé à l’élaboration des films, ensuite s’il fallait censurer les œuvres des artistes dont le comportement était déjà condamnable à leur époque et qui le serait encore davantage aujourd’hui, les programmes scolaires et universitaires seraient bien allégés.
[1] Si le déchaînement de violence d'un groupe sur un individu est aussi vieux que l’humanité, le terme vient des actes de Charles Lynch, magistrat américain autoproclamé du 18ème siècle, partisan d'une justice expéditive mais qui visait les Blancs.