9 Juillet 2024
M’étant risqué à faire une analyse de la situation politique, un de mes visiteurs m’a fait remarquer avec une pointe d’ironie, mais sans méchanceté, qu’il serait préférable que je me borne aux impressions plutôt qu’aux analyses que je devrais laisser aux analystes dont c’est le métier. Il est vrai que mon analyse n’allait pas dans le sens de ses convictions. Mon métier a consisté à analyser les signes et symptômes de mes malades et non pas ceux des maladies politiques qui sont du domaine des politologues ou des politistes (qui fait plus noble) et non des cardiologues. J’admets volontiers que mon analyse pouvait trouver sa place dans un café du Commerce, mais cela ne me heurte en aucune façon car la politique se fait aussi dans les multiples cafés du Commerce du territoire : ils composent l’assemblée nationale des électeurs. C’est là que les gens font des analyses vraies ou fausses, c’est là que les gens expriment leur colère, leurs revendications ou leurs satisfactions (rares), c’est là que les uns peuvent convaincre les autres de voter dans un sens ou dans un autre. C’est là que les manifestations comme celles des gilets jaunes peuvent naître et ridiculiser les politologues professionnels. Ne nous moquons pas du café du Commerce, les politiques en dépendent et s’ils le méprisent, ils risquent fort de perdre de leur superbe.
Malheureusement, les cafés du Commerce disparaissent au profit des réseaux sociaux où l'on peut dire n'importe quoi anonymement et même appeler au meurtre, où les mensonges pullulent plus que les vérités et les échanges animés face à face remplacés par les insultes sans risque face à son écran. Par contre, les blogs sont plus près du café du Commerce que les réseaux.
Illustration : John Sloan : "Mac Sorleys bar"