
Gustav Klimt « Mort et Vie »
MORT ET VIE
Dans un coin, la Mort attend,
Patiente et têtue.
Elle a le temps.
Son squelette cliquetant revêtu
D’une longue robe chamarrée
D’une sombre étoffe crucifère.
Elle contemple, le crâne penché,
Les futurs habitants du cimetière
Sans cacher sa concupiscence.
Les humains se tiennent serrés,
Comme pour assurer leur défense,
Pyramide de corps enchevêtrés.
Leurs paupières sont déjà fermées.
Sont-ils morts ou toujours vivants ?
Les femmes ont le visage attendri,
Serrées contre le corps de l’enfant,
Qu’elles aimeraient protéger de la nuit.
Et l’amant enveloppe son amante.
Seront-ils plus forts les corps confondus ?
Protection aussi dérisoire qu’émouvante
Contre la Mort se tenant à l’affût.
Paul Obraska