Le jour de l’an, le jour le plus mélancolique…
Une année de perdue, une année de retrouvée…
Edgard Degas « Mélancolie »
UNE ANNEE
C’est l’hiver
Le ciel est blanc, il fait froid
Une année a été mise en terre
Les gens nauséeux pressent le pas
Bientôt le printemps
Les arbres enfin verts coifferont squares et avenues
Leurs fleurs fragiles ne resteront pas longtemps
Leurs fins pétales pointilleront les trottoirs des rues
Puis viendra l’été
La chaleur dénudera les jeunes femmes de la cité
Leur corps sous les tissus fins sera à peine voilé
Elles s’ensoleilleront aux terrasses des cafés
Et s'allumera le bûcher de l’automne
Les feuillages s’embraseront de leur éclat agonique
Les feuilles que les arbres dénudés abandonnent
Donneront aux rues de la ville des teintes magiques
Paul Obraska