
Edward Munch "Anxiété"
ANXIETE
La foule silencieuse se presse tendue
Les visages égarés restent dans l’attente
Les yeux écarquillés fixés sur l’inconnu
Derrière roulent des vagues menaçantes
Seuls les éléments morts restent mouvants
Sous un ciel rouge aux volutes oppressantes
La foule pétrifiée attend l’événement
Elle a tenté en vain d’oublier sa venue
Mais tous savent que la chose viendra
Et ils sont tous là
Dans leur belle tenue
L’anxiété habite la foule qui attend
Elle ne la quittera jamais
Même si rien ne survient pour un temps
Les hommes sont ainsi faits
Une bête traquée se tapit dans leurs têtes
Et ils vivent leur vie aux abois
Même dans le rire des fêtes
Même dans les plus beaux émois
Ils restent à chaque instant
Des poursuivis sans poursuivants
Paul Obraska