Les centrales nucléaires sont potentiellement dangereuses. Les accidents – et ils n’ont pas manqué – risquent de contaminer des populations entières et d’exclure pour longtemps les territoires contaminés, quand aux déchets radioactifs issus de leur fonctionnement, ils vont dans l’avenir farcir la terre ou les mers pour des siècles.
Mais avant de subir les choses en grand, nous pouvons être soumis aux méfaits d’une toute petite centrale nucléaire individuelle : la tomodensitométrie ou scanner utilisant les rayons X. Comme chacun sait, c’est un examen d’imagerie du corps remarquable, souvent indispensable pour porter un diagnostic en médecine, à condition de ne pas céder à la facilité. Les scanners représentent ainsi 10% des examens d’imagerie médicale, ce qui n’est pas sans inconvénient, car ils représentent aussi 58% des doses de radioactivité délivrées aux malades, et en raison de leur intérêt, leur utilisation a tendance à augmenter.
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’alarme de cette situation en soulignant qu’ « Un scanner du corps entier peut délivrer l’équivalent d’une dose de radiations (20 millisieverts) qu’un travailleur du nucléaire ou un radiologue ne doit pas dépasser en une année ».
L’IRM qui n’émet pas de radiations serait évidemment préférable mais coûte deux fois plus cher et les délais pour en obtenir un sont plus longs. L’ASN – dont c’est le rôle - n’a pas tort de recommander l’utilisation à bon escient du scanner, mais si cet examen est largement utilisé, il est rarement répété dans l’année pour un même individu et il intéresse le plus souvent qu’une région du corps. L’ASN doit sûrement avoir d’autres motifs de préoccupation.