Les imposteurs sont de tous temps, exploitant la crédulité ou le désespoir des gens. Ils promettent la guérison et se vantent de moyens que les médecins n’ont pas. Leur clientèle dépasse les simples d’esprit et les chefs d’état leur ont donné parfois droit de cité. Bernard Shaw lui-même était sensible à ces « médecins parallèles » arguant de la jalousie et de l’esprit réactionnaire des corps constitués. Mais les guérisseurs, rebouteux, et autres médicastres, eux, ne sont pas dupes de leurs boniments et recherchent leur propre guérison auprès des médecins. Reste à espérer qu’ils ne tomberont pas sur ceux qui utilisent leurs connaissances pour se conduire en charlatans.
Lorsque les charlatans s’attaquent à de petits maux, les patients ne souffriront que de leur portefeuille, mais c’est une autre affaire lorsqu’ils prétendent guérir des maladies mortelles éventuellement curables par la médecine dite « officielle » (qualificatif prononcé, bien sûr, avec un rien de mépris).
Le rapport publié le 15 juin 2011 par la « Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires » (Miviludes) fait état d’une panoplie de méthodes alternatives visant à guérir le cancer et des principes farfelus sur lesquels elles sont basées. Les adeptes de ces théories fumeuses promettent, souvent contre fortes rémunérations, des solutions miraculeuses qui permettent parfois à la mort de faire son office sans obstacle.
Au total, soixante quatre méthodes plus que discutables proposées par près de 10 000 pseudo thérapeutes ont été répertoriées par la Miviludes. Impressionnant.
Certaines connaissent une audience étonnante telle la « Médecine nouvelle germanique », dont les nombreux « disciples » prêchent sur le net en affirmant que le cancer n’est que le résultat d’un conflit émotionnel qu’il suffit de résoudre pour être guéri. En France, la « méthode » compte encore un grand nombre d’adeptes. Selon Georges Fenech (président de la Milivudes) leurs idées seraient aujourd’hui diffusées par « à peu près 3 000 praticiens en France » ! « Il y a même des formations, désormais, dans des facultés libres de médecine où l'on enseigne que le cancer n'est pas physiologique [physiopathologique serait plus exact] mais d'ordre psychologique et qu'il faut donc régler le problème interne pour pouvoir guérir ».
Le danger représenté par ses méthodes, suivies par des patients particulièrement vulnérables, est illustré à plusieurs reprises dans le rapport de la Miviludes. Georges Fenech cite, par exemple, le cas de « plusieurs femmes qui sont décédées d'un cancer du sein alors qu'elles auraient pu être traitées. Mais sous l'emprise d'un charlatan elles se sont contentées de jus de citron, de jus de légumes pendant 42 jours ou encore de boire leur urine ».
Les explications pseudo psychologiques ou les recherches de la cause du cancer au fond de l’iris (Il suffit juste de plonger dans le regard du patient pour connaître le nom du cancer, son extension et les traitements à mettre en œuvre, cette méthode, des plus économiques, s’appelle l’iridologie) sont aujourd’hui concurrencées par des adeptes des potions magiques qui voient dans différents breuvages des méthodes bien plus efficaces que les chimiothérapies. La cure de Breuss à base de légumes (qui prétend guérir la leucémie) est ainsi souvent rencontrée, de même que le régime à base de bicarbonate de soude. D’autres annonces offrent de « décoder » le cancer biologiquement, tandis que le magnétisme attire encore ses fidèles.