De nombreux produits « médicaux » sont en vente sur internet fabriqués on ne sait où et on ne sait par qui, ne faisant l’objet d’aucun contrôle sanitaire, on ne sait pas ce qu’ils contiennent.
Il en est ainsi d’un produit dénommé ANABOL TABLETS, dont le fabriquant serait situé en Thaïlande et qui prétend contenir un anabolisant : la méthandienone, mais d’après l’Afssaps (à l’origine d’une alerte), l’analyse de ce produit indique qu’il n’en contient pas. Par contre, il contiendrait de la sibutramine dont la consommation est à présent interdite en France en raison de ses effets cardio-vasculaires nocifs (élévation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque). Cet exemple montre qu’il est stupide et dangereux d’acheter des médicaments par internet.
L’industrie pharmaceutique s’inquiète à juste titre de la contrefaçon, mais on se demande si la raison en est uniquement humanitaire. C’est en tout cas cet argument qui a conduit fin novembre le Parlement européen à adopter en première lecture une proposition de directive permettant notamment à l’industrie pharmaceutique d’informer directement les patients sur les médicaments soumis à prescription.
On peut douter que cette information faite par l’industrie pharmaceutique sera fiable, indépendante, objective, non promotionnelle et comparative. En toute logique, ce type d’information devrait être réservé aux professionnels de santé et aux autorités sanitaires nationales et non aux marchands qui vendent les produits en question.
La publicité directe aux consommateurs de médicaments délivrés uniquement sur ordonnance a été interdite en Europe depuis 1992. La Mutualité française redoute que cette proposition « organise, de fait, la dérégulation de la communication des laboratoires pharmaceutiques vers les grand public […] et que la frontière entre la publicité et l’information reste floue ». On ne saurait mieux dire. Aux USA, la libéralisation des règles sur l’information a eu pour effet d’augmenter les dépenses, sans aucun intérêt sanitaire.
Ce projet de directive (qui doit être soumis au vote du conseil de l’Union) est en chantier depuis 2008. On doit saluer ici l’efficacité des groupes de pression dont l’action est cependant facilitée par l’union de 27 pays sur lesquels ils peuvent agir d’un seul coup pour assurer leurs intérêts.
Les industries pharmaceutique et agro-alimentaire ne sont évidemment pas les seules à profiter du système et de la sensibilité marchande des responsables européens. C’est ainsi que pour répondre aux exigences de Bruxelles, il a été récemment introduite dans le projet de loi de Finances rectificative une disposition visant à supprimer les restrictions à l’achat de tabac à l’étranger.
Les instances européennes ont le souci de la concurrence (dont on attend toujours l’impact sur les prix) et de la libre circulation des marchandises, même si elles sont un peu empoisonnées, lorsque leur commerce rapporte et que leur nocivité n’est ni immédiate, ni trop visible, ni facile à démontrer.
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