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59. Les paradoxes de la confiance

La  confiance semble être indispensable dans les relations entre un patient et son médecin. Cette idée est moins évidente qu’elle ne paraît. La question est de savoir à qui elle est indispensable.

 

Pour le malade, elle peut être nocive

Lorsque la médecine est efficace la confiance ou son absence n’a aucune influence sur le résultat du traitement (en dehors de la psychiatrie). La confiance n’est pas indispensable au malade. Elle peut même être nocive si le malade est mal traité par un médecin auquel il se confie et qu’il continue à l’être en raison même de cette confiance. Le paradoxe est que l’absence de guérison renforce souvent le lien entre le malade et son médecin car qui peut mieux connaître le cas que celui qui traite la maladie depuis de nombreuses années sans succès ?

                                                                                 

Pour le médecin, elle permet de conserver son patient et parfois de le tromper

Le médecin a besoin de la confiance de son malade s’il veut le conserver comme client. Cette confiance lui est surtout indispensable lorsqu’il est inefficace. Comme disait Napoléon 1er en évoquant son médecin personnel  «  Je ne crois pas à la Médecine mais je crois en Corvisart ».

C’est lorsque le médecin trompe son malade que la confiance du malade pour son médecin est nécessaire. La confiance permet au médecin impuissant de donner au malade une certaine quiétude de l’esprit

Plus la confiance d’un malade est grande, moins il exprimera son choix si celui-ci existe. Plus elle est grande, moins le malade sera libre et autonome.

                                                                                  

Une confiance inutile pour le malade

Lorsque la confiance est basée sur la vérité totale, le prix en est payé par le malade. Si le médecin masque un pronostic sombre et si le malade l’apprend par ailleurs ou en prend conscience lui-même, il peut en effet lui retirer sa confiance et aller consulter un autre praticien. Le médecin menteur perd son client et le médecin franc conserve le sien. Le malade, lui, n’en tire aucun bénéfice.  Au contraire, le temps pendant lequel il a été trompé lui aura permis de vivre une vie, certes illusoire, mais moins pénible que s’il avait su d’emblée la vérité.

La confiance du patient serait renforcée lorsque le pire ne lui pas été caché, mais à quoi lui sert-elle dorénavant ? A cela il faut ajouter que les erreurs en matière de diagnostic et de pronostic ne manquent pas, comme celles liées à l’interprétation des biopsies et annoncer une catastrophe qui n’aura pas lieu est plus condamnable que de s’abstenir de l’annoncer.

                                                                                 

Méfiance

Paradoxalement les nouvelles règles déontologiques et légales sur le consentement éclairé, le choix « libre mais accompagné », l’énumération préalable à tout acte de toutes les complications possibles, y compris les plus improbables,  ne compensent pas la médiatisation des conflits, le mythe du risque zéro, la dévaluation du statut social du médecin. Désormais le patient se confie en toute méfiance. Mais le praticien le lui rend bien qui désormais garde à l’esprit l’éventualité d’une revendication, d’un procès et doit s’assurer de tous les côtés. Il est à craindre que la relation médecin-malade soit de plus en plus souvent une rencontre entre une méfiance et une méfiance.

Documentation réunie avec la collaboration de Jean Waligora

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O
Merci à vous d'être passé(e) par ici. Dr WO
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L
super article merci dct Wo
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O
A son époque il avait de quoi écrire. Dr WO
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S
ce n'est pas un certain Molière qui a écrit à ce sujet ?
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O
On voit ce qui ce passe aux USA et à moindre degré en France, et la relation de confiance risque de se transformer en une relation de méfiance réciproque qui ne sera ni bonne pour le médecin, ni bonne pour le patient. Dr WO
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S
De moins en moins facile pour les médecins qui doivent payer une prime d'assurance responsabilité professionnelle exhorbitante et ce n'est pas prêt de s'arranger.
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O
La lucidité n'est pas toujours aisée lorsqu'on n'a pas les éléments de connaissance. Dr WO
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P
Confiance et lucidité. Mais seulement elles. La méfiance impliquerait que l'on aille se faire soigner ailleurs. La confiance sans la lucidité, c'est pain bénit pour les charlatans!
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O
Bien sûr, le courant doit passer, sinon on ne consulte pas à nouveau. Mais avec, je crois, lucidité, j'ai tenté de montrer les dessous de la confiance. Je suis un impertinent. Dr WO
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D
Pas évident ! Pour moi il faut avant tout que le courant passe et ce n'est pas toujours le cas, loin de là ! Mais je reconnais avoir très envie de lui faire confiance quand je le sens à l'écoute.
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O
Ayez confiance. Dr WO
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S
Pourvu que je ne sois pas malade, pourvu que je ne sois pas malade...je ne suis pas malade, je ne suis pas malade....Il n'y aura bientôt plus que ça à faire !
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